Novembre : on rentre le matériel, on protège les sols et on isole les combles. Isoler les combles, protéger les sols
Budget & aides
Faire le point sur les dispositifs actuels et les critères d'éligibilité selon les travaux engagés.
Karim Belhadj ·
7 min de lecture
4,6sur 5658 votes
L’épaisseur du carrelage se situe en général entre 6 et 20 mm, et elle dépend d’abord de l’endroit où le carreau va travailler. Un mur ne supporte aucun poids de passage : une faïence fine suffit. Un sol de séjour encaisse les pieds de chaises, les chutes d’objets et le roulement d’un aspirateur : on monte alors à 8 ou 10 mm. Une dalle posée sur plots en extérieur doit porter seule entre deux appuis, d’où ses 20 mm. Retenez aussi que le chiffre affiché sur la boîte ne donne pas la hauteur réelle du sol fini, car la colle et parfois une chape viennent s’y ajouter.
Les fabricants indiquent l’épaisseur au dixième de millimètre près sur la fiche technique. Le tableau ci-dessous reprend les valeurs que l’on rencontre le plus souvent dans les gammes vendues en France.
| Type de carreau | Emploi principal | Épaisseur courante |
|---|---|---|
| Faïence (pâte poreuse émaillée) | Murs intérieurs, crédence, salle de bain | 6 à 8 mm |
| Grès cérame émaillé ou pleine masse | Sols intérieurs, pièces de vie | 8 à 10 mm |
| Grès cérame grand format (80 x 80 et plus) | Sols ouverts, open space | 9 à 12 mm |
| Grès cérame mince ou laminé | Rénovation, recouvrement, habillage de meuble | 3 à 6 mm |
| Carreaux de ciment | Sols décoratifs, entrées | 15 à 20 mm |
| Terre cuite, tomettes | Sols anciens, maisons de caractère | 15 à 25 mm |
| Pierre naturelle | Sols intérieurs et extérieurs | 10 à 30 mm |
| Dalle extérieure sur plots | Terrasses, toits-terrasses | 20 mm |
Ces fourchettes ne disent pas tout. Deux carreaux de 9 mm peuvent avoir des comportements très différents selon leur densité, leur cuisson et leur taux d’absorption d’eau. Un grès cérame pleine masse de 8 mm reste plus résistant qu’une terre cuite artisanale de 15 mm.
C’est l’idée reçue la plus répandue chez les particuliers. La résistance d’un sol carrelé repose sur trois éléments qui comptent davantage que quelques millimètres de matière :
L’épaisseur reprend toute son importance dans deux cas précis : quand le carreau n’est pas collé sur toute sa surface (dalles sur plots, pose sur gravillons) et quand il doit supporter des charges lourdes et concentrées, comme dans un garage où l’on monte plutôt à 10 ou 12 mm.
Avant de commander, faites le calcul complet. En pose collée, la plus courante en rénovation, on additionne l’épaisseur du carreau et celle du lit de colle. Avec un peigne de 6 mm sur un format moyen, la colle écrasée laisse environ 3 à 4 mm. Avec un grand format en double encollage et un peigne de 10 mm, on approche plutôt 6 à 8 mm.
Exemple concret : un grès cérame de 9 mm en 60 x 60 posé en simple encollage donne environ 13 mm de surépaisseur. Le même carreau en 120 x 120, double encollage, frôle les 17 mm. Si une chape ou un ragréage est nécessaire pour rattraper un sol irrégulier, il faut ajouter 3 à 10 mm de plus.
La pose scellée traditionnelle, sur un lit de mortier, reste utilisée pour la terre cuite et la pierre. Elle demande 3 à 5 cm sous le carreau, ce qui exclut souvent cette technique en rénovation d’appartement. Le DTU 52.1 encadre la pose scellée, le DTU 52.2 la pose collée : les fiches techniques des colles renvoient à ces textes pour les épaisseurs de mise en œuvre.
Sur un plancher chauffant, chaque millimètre ralentit la diffusion de la chaleur. Le carrelage reste l’un des meilleurs revêtements dans cette configuration, car la céramique conduit bien la chaleur, mais un carreau de 8 à 10 mm reste préférable à une pierre de 20 mm. La résistance thermique totale du revêtement doit rester faible (les fabricants de systèmes chauffants recommandent en général de ne pas dépasser 0,15 m².K/W) : un grès cérame classique respecte ce seuil sans difficulté.
Les grès laminés de 3 à 6 mm répondent à un autre besoin. Ils permettent de recouvrir un ancien sol en ne gagnant qu’environ 1 cm, ou d’habiller un plan de travail sans l’alourdir. Leur pose exige un support parfaitement plan et un savoir-faire particulier : ces plaques souvent très grandes se manipulent à deux, avec des ventouses, et cassent si on les fléchit.
Gagner 15 ou 20 mm de hauteur paraît anodin sur le papier. Sur le chantier, ces millimètres se répercutent partout. Les portes intérieures sont les premières concernées : un jeu d’environ 1 cm sous le vantail est utile à la ventilation du logement, et il faut souvent raboter le bas de la porte (on parle de détalonnage) une fois le nouveau sol posé. Les plinthes existantes se retrouvent partiellement masquées, et les seuils entre pièces créent une marche si le carrelage ne couvre qu’un côté. Un profilé de transition en aluminium ou en laiton rattrape une différence de quelques millimètres, au-delà mieux vaut prévoir une barre de seuil inclinée.
Les textiles suivent le même mouvement. Quand le sol monte de 15 à 20 mm après une rénovation, les rideaux qui effleuraient l’ancien parquet se mettent à traîner sur le nouveau carrelage, et c’est l’ourlet qu’il faut reprendre : un atelier comme couture-retouches-rennes raccourcit ce type de voilage sans toucher à la tête de rideau ni aux œillets. Pensez aussi aux meubles encastrés, au lave-vaisselle glissé sous le plan de travail et aux électroménagers dont la hauteur ne laisse parfois que quelques millimètres de marge : mesurez-les avant de choisir l’épaisseur.
Dehors, le carrelage affronte le gel, les écarts de température et parfois le passage d’une voiture. Le choix dépend directement de la méthode de pose :
Le poids augmente vite avec l’épaisseur : un mètre carré de grès de 20 mm pèse environ 45 kg. Sur un toit-terrasse ou un balcon, cette charge doit être compatible avec la structure, ce qu’un professionnel du bâtiment peut confirmer.
Un grès cérame de 10 à 12 mm, classé P4 au poinçonnement, convient au passage d’une voiture. Le support doit être une dalle béton saine, et le double encollage est vivement conseillé pour éviter toute zone creuse sous les roues.
Oui, à condition qu’il s’agisse d’un grès cérame correctement classé et posé sur un support plan. La plupart des carreaux de sol vendus pour l’habitat se situent d’ailleurs entre 8 et 10 mm.
Non. Même si son épaisseur peut sembler proche, la faïence est poreuse et peu résistante au poinçonnement. Elle se rayerait et se fendrait rapidement sous le passage.
Comptez environ 12 à 15 mm avec un carreau standard, et 6 à 9 mm avec un grès laminé. Un primaire d’accrochage n’ajoute quasiment rien à cette hauteur.
C’est possible, mais leur épaisseur de 15 à 20 mm freine la montée en température. Vérifiez la notice du fabricant du système de chauffage et préférez un modèle de 16 mm plutôt qu’un carreau ancien plus épais.
L’auteur
Électricien du bâtiment
Je rénove des tableaux et des réseaux vétustes sur des logements de toutes époques. Je préfère expliquer la sécurité que la vendre.
Voir tous ses articlesVotre avis compte
4,6sur 5658 votes
Soyez le premier à réagir.